La société civile se réveille contre le «plan migrants» de Macron
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb souhaite remettre en cause en 2018 certaines dispositions historiques du droit d’asile. Mais, le réveil de la société civile sur les questions migratoires menace de faire flancher pour la première fois l’exécutif d’Emmanuel Macron. Sur le terrain, les associations s’organisent et préparent la mobilisation de la rentrée.

Les questions migratoires vont peut-être faire redescendre Emmanuel Macron de son nuage. Depuis son élection tonitruante en mai, le nouveau président de la République enchaîne les succès les uns après les autres. Les syndicats lui promettaient un enfer social à la rentrée, mais les mobilisations contre la réforme du code du travail se sont rapidement essouflées. Les mesures les plus impopulaires (la baisse des aides au logement ou la fin des contrats aidés) sont passées comme une lettre à la poste. Et même l’opposition de gauche –jusqu’ici incarnée par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (proche de Podemos)– semblait montrer des signes de lassitude face à un président qui se maintient à un bon niveau dans les sondages.
Mais voilà qu’Emmanuel Macron, sûr de sa bonne étoile, est aujourd’hui rattrapé par la première contestation d’ampleur du quinquennat. La présentation de la prochaine réforme de la politique migratoire - qui durcit extraordinairement certaines dispositions actuelles - par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb (ex-socialiste) a réveillé de nombreuses composantes de la société civile. Longtemps divisée et silencieuse, la mobilisation en faveur des migrants s’organise, jusqu’à faire reculer le gouvernement sur certaines mesures.
Il faut dire que le tandem Collomb-Macron a choqué jusqu’aux acteurs les plus modérés de la défense des droits des étrangers. Trois mesures phares sont particulièrement contestées : la création de la notion de «pays tiers sûrs» (qui permettrait de renvoyer dans un pays jugé «sûr» hors de l’Union européenne les migrants, dont les demandes d’asile seraient alors déclarées «irrecevables»), le doublement de la durée de rétention (45 à 90 jours) et, enfin, le recensement des étrangers dans les centres humanitaires.
Témoin de la radicalité du projet de loi porté par le gouvernement, cette semaine, le vice-président du Front national Louis Aliot s’est félicité que l’exécutif porte enfin des réformes que son parti sollicite depuis 30 ans. L’ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a lui tiré à boulets rouges sur le projet gouvernemental : »La politique d’Emmanuel Macron est malveillante à l'égard de ceux qui sont les plus vulnérables. Ce que fait Macron, Sarkozy n'a même pas osé le faire ! Voilà où nous en sommes» a estimé l’ancien ministre.
Sur le terrain, les associations ont aussi rapidement durci le ton. Fait exceptionnel, la semaine dernière, elles ont quasiment toutes quitté une réunion au ministère de l’Intérieur quand Gérard Collomb leur a demandé d’identifier les migrants présents dans les centres d’urgence.
«Imagine-t-on un centre humanitaire géré par une association laisser un gouvernement faire le tri des personnes à son entrée pour déterminer les catégories de personnes pouvant ou non avoir accès à des soins médicaux d'urgence?» a par exemple dénoncé l’ancienne ministre socialiste Marie-Arlette Carlotti, actuellement présidente du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées.
Même consternation chez le défenseur des droits Jacques Toubon, ancien élu de droite. «L'accueil dans les centres d'hébergement doit être inconditionnel, c'est la loi française qui le dit« a-t-il rappelé, en s’interrogeant : «que vont faire les migrants craignant d'être expulsés au cas où ils iraient dans un centre d'hébergement d'urgence ?». Plusieurs événements ont aussi révélé que les réseaux de solidarité à l’égard des réfugiés étaient denses et mobilisés. Dans les Alpes ou dans le Sud-Est, par exemple, nombreux sont les anonymes qui s’engagent pour venir en aide aux centaines d’arrivants.
Malgré le contexte compliqué, cette mobilisation a donné ses premiers résultats. Les services de Gérard Collomb ont annoncé qu’ils renonçaient à introduire dans le droit français la notion de «pays tiers sûr».
Le très attendu projet de loi immigration sera présenté à la rentrée.

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