La France veut relancer ses activités minières
La France est-elle assise sur un tas d’or ? Alors que les marchés des «terres rares» –exploitées pour les nouvelles technologies– ont explosé depuis 2011, le Gouvernement français souhaite mettre sur pied un programme de relance des activités minières dans le pays. Une quinzaine de permis d’exploration ont été déposés, dont un au Pays Basque.

Le projet a jailli du sous-sol voilà plusieurs semaines. La jeune société Sudmine souhaite exploiter un gisement d’or sur une partie du Labourd comprenant les communes d’Itsasu, Kanbo, Sara, Senpere et Uztaritze. L’entreprise a déposé un permis d’exploration et attend une réponse des services de l’Etat. Comme au Pays Basque, une quinzaine d’autres gisements sont ainsi en gestation dans l’Hexagone.
Les autorités françaises avaient pourtant fait le deuil de leur industrie minière. Après des fermetures progressives dans les années 90, l’activité s’est éteinte au tournant des années 2000. Les derniers mineurs ont rangé casques et pioches en 2004 avec la fermeture de la mine d’or de Salsigne, faute de rendements suffisants.
La France n’a pas pour autant cessé de consommer des minerai en tout genre. Au contraire: avec 15 millions de tonnes en 2013, le pays figure même au rang de septième importateur mondial.
Les coûts ont en outre explosé dans un marché écrasé par la Chine: le résultat de la croissance folle des nouvelles technologiques (High Tech, automobile, aéronautique, énergie...), particulièrement gourmandes en «terres rares», ces minerais dotées de propriétés électromagnétiques sans équivalent.
En 2012, un an après l’explosion des cours de ces matières premières sur les marchés, le ministre Arnaud Montebourg, chantre de l’indépendance énergétique et industrielle française, appelait ouvertement à «donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines». Il octroyait un an plus tard un premier permis à une compagnie minière dans le but «de stimuler ce secteur d’activité, source importante d’investissements, d’activités et d’emplois non-délocalisables».
Une intention confirmée en août dernier par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. «La France a un avenir minier, il y a énormément de minerais exploitables, et nous avons eu une tradition et une culture forte en la matière» a expliqué le ministre en annonçant la préparation d’un «plan de l'investissement».
Cette volonté politique s’accompagne d’une évolution des techniques de forage qui, selon plusieurs spécialistes, permettraient à des petites structures d’exploiter des gisements pour un faible coût financier et écologique. Mais le débat sur l’impact environnemental de ces nouvelles mines est loin d’être tranché. De même que la richesse supposée des sols français.
L’économiste libéral Philippe Chalmin, spécialiste de la question des matières premières, estime ainsi que le sous-sol recèle en réalité «peu de chose en matière de métaux non ferreux». Il considère que la relance de l'activité minière ne serait en outre pas durable: «Il y a peu de métaux stratégiques et peu demeurent stratégiques très longtemps, compte tenu des avancées technologiques.»
Philippe Chalmin assure en revanche que la France a une autre mine d’or sous ses pieds: «nos déchets, car nous sommes exportateurs de ferrailles et nous aurions des efforts à faire dans le domaine de leur récupération et de leur traitement». Et d’expliquer: «Sait-on que notre vieil écran d’ordinateur contient 2 grammes d’indium? La France pourrait presque être suffisante dans de nombreuses matières premières si elle s’en donnait la peine...». Mais les industriels ne semblent pas intéressés par cette hypothèse.
Anticipant la défiance des populations locales face aux nouvelles mines, M. Macron a promis l’organisation d’«un débat démocratique et technique» avant chaque autorisation.
Au Pays Basque, les communes impactées par le programme de Sudmine n’ont pu rendre qu’un avis consultatif, peu contraignant sur la décision finale prise par l’Etat, et l’étude d’impact environnemental a été réalisée par le dirigeant de la société minière lui-même. Les règles de la démocratie locale ont bien vite été enterrées.

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