Quelle stratégie de gauche face à la crise de la zone euro ?
Comment la gauche radicale française et européenne doit-elle affronter la crise de la zone euro ? Alors que la situation grecque reste instable et qu’Alexis Tsipras a convoqué de nouvelles élections, le débat s’intensifie au sein des partis français. Les questions de souveraineté et l’attitude à adopter face aux traités sont au coeur des discussions.

Le sujet de discussion s’est transformé en véritable point de clivage. Longtemps, la gauche française a noyé ses divisions autour de la construction européenne dans un flou lui permettant de contenir sous un même toit ses différentes tendances.
La victoire du « non » au référendum sur le projet de constitution européenne en 2005 a donné l’occasion au peuple de gauche de dire ce qu'il ne veut pas ; dix ans plus tard, il peine désormais à déterminer ce qu'il souhaite précisément.
Rattrapés par l'accélération de la crise grecque, l'échec des gouvernements socio-démocrates à réorienter les politiques européennes depuis l'explosion de la crise et le renforcement des politiques d'austérité, les partis de la gauche française ne peuvent désormais échapper à un débat qu'ils ont longtemps esquivé. Souveraineté, avenir des traités et de la monnaie unique : ils tentent aujourd'hui de définir leur stratégie pour enrayer la machine austéritaire en Europe. Un sujet qui s'annonce, demain, comme un nouveau marqueur de division de la gauche.
La récente visite de Yanis Varoufakis en France a placé sous le feu des projecteurs les divergences au sein des partis. Accueilli par l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg (représentant de la gauche du parti socialiste au gouvernement avant sa démission en 2014), l'ancien ministre des Finances grec a livré dimanche 23 août, au terme d'un exposé exalté, une vision précise et argumentée de l'avenir de la gauche radicale. A des années lumières des propositions piétinantes des dirigeants français.
Pour Varoufakis, le cœur du combat passe par la politisation de la monnaie unique. « Notre continent a commencé à se réunir avec de nombreuses langues et des cultures différentes, mais il est en train de finir divisé par une monnaie commune ». Et de développer : « Pourquoi? Parce que nous laissons nos dirigeants faire quelque chose qui ne peut pas être fait: dépolitiser l'argent, pour faire de Bruxelles, de l'Eurogroupe, de la BCE, des zones franches apolitiques. Quand la politique et l'argent sont dépolitisés ce qui se passe c'est que la démocratie meurt.»
L'ancien ministre grec propose ainsi « pour contrer cette dystopie » que soit créé «un réseau européen dont l'objectif explicite est la démocratisation de l'euro ». Un mouvement qui ne serait « pas un autre parti politique », mais « une coalition inclusive paneuropéenne de Helsinki à Lisbonne et de Dublin à Athènes, s'engageant à passer de l'Europe de ‘Nous, les gouvernements’ à l'Europe ‘Nous, le peuple’. »
La vision de Varoufakis, du transnational vers le local, a ceci de détonnant qu'elle percute le discours des souverainistes de la gauche française au moment même où ceux-ci sont particulièrement bruyants.
Le porte-parole du parti de gauche (PG) et ancien président à l'élection présidentielle (11%) Jean-Luc Mélenchon vantait ainsi le 20 août dans Sud-Ouest l'essor d'un «nouvel indépendantisme français » avant d'enfoncer le clou trois jours plus tard dans Le Journal du Dimanche : « S’il faut choisir entre l’indépendance de la France et l’euro, je choisis l’indépendance».
L'économiste Jacques Sapir (proche de la gauche radicale), grand pourfendeur de la monnaie unique, vient lui de franchir un cap en lançant un appel à la constitution d'un «Front de Libération Nationale» allant de la gauche radicale jusqu'au partis souverainistes de droite, voire au Front national. Une idée peu suivie mais qui témoigne d’un mouvement.
La refonte des traités est-elle une priorité pour les partis de gauche ? L’intervention de Varoufakis lance aussi cet autre débat. Lui propose, au nom du “réalisme”, de “chercher des moyens d'adapter les institutions européennes existantes aux besoins de nos peuples», en «européanisant» les questions au cœur de la crise : «la dette, les banques, l'insuffisance des investissements et la pauvreté».
Une position défendue, en France, par le parti communiste alors que son allié du PG prône lui une redéfinition des textes. Lors du dernier congrès du PG en juillet, 55 % des militants ont soutenu une renégociation des traités européens ou, en cas d’échec, quitter l’Union européenne. Un second texte, soutenu par 45 % des militants, suggère d’organiser immédiatement «un référendum de sortie de l’Union européenne». Les désaccords ne font que commencer.

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